dimanche 20 décembre 2009

39. Une simple visite à l'hosto !




Je suis à l’hôpital (Oui, si jeune !) et mon cardiologue, (Oui, un cardiologue à 25 ans ! Vous allez m’interrompre longtemps avec vos questions à la con ?) va me dire tout le mal qu’il pense de mon fameux régime, andouillette-Beaujolais quand mes potes font une entrée remarquée, les bras chargés de victuailles. A leur vue, mon toubib blanchit et pour le coup, c’est son cœur qui nous donne les plus grosses craintes. Puis les couleurs lui reviennent d’un coup et c’est rouge pivoine qu’il désigne la porte du doigt en hurlant : « Dehors » tandis que ses lunettes se couvrent de buée. C’est un cas ce mec. J’essaye de finasser en prétendant que tous ces gens viennent voir mon voisin. Mais un coup d’œil rapide à ce barbu nommé Mohamed, allongé sur son lit vêtu de la tenue traditionnelle des musulmans intégristes dément ce propos sans équivoque. Alors les potes font demi-tour en braillant. Le dernier à sortir est Lucien qui (ce qui ne sera une surprise pour personne) laisse échapper une bouteille de rouge qui explose bruyamment sur le carrelage. Notre ami islamiste se retrouve constellé de taches de vin et de morceaux de verre.. Il gueule et il a bien raison. A le voir ainsi ensanglanté sur son lit d’hôpital, vous diriez une de ces photos quotidiennes illustrant un attentat au Moyen Orient. Sauf qu’ici, en plus vous avez l’odeur du vin. Des aides soignantes l’entourent, tandis que de jolies infirmières lui retirent les morceaux de verre qui entaillent ses joues. L’ambiance est bonne, et mon cardiologue essaye de revenir à moi et à mes problèmes. J’ai du mal à rester concentré, puisque du couloir nous parviennent les bruits les plus divers. Par la porte ouverte, je vois bien l’agitation qui règne là bas. Ca rigole dur dans le coin. Ils ont ouvert les bouteilles puisque j’aperçois Paulo et Arobase qui remplissent généreusement les gobelets. Comme dans un bar le ton monte et tout en écoutant (vaguement) mon toubib, qui a du mal à rester lui-même concentré, je vois passer Michel poussant un fauteuil roulant dans lequel ma blonde se pavane assise sur les genoux d’un grabataire hilare (et bourré). D’autres bruits nous parviennent couverts par les gémissements de mon voisin de lit. Le bordel est tel que mon docteur se précipite dans le couloir suivi de sa jolie assistante. Après tous ces rires j’entends des bruits de coups et des craquements sinistres. La foule défile devant ma porte. Passe successivement un fauteuil roulant vide, un porte perfusion, des béquilles, un déambulateur, des pansements et du plâtre. On dirait que tout l’hôpital s’affronte dans ce couloir. De gros brancardiers passent en courant, d’autres chariots, des gardes des infirmières et enfin des flics. Dans la chambre désertée nous restons seuls Momo la vinasse et moi. C’est la guerre dehors. Des cris déchirants nous retournent l’âme. De nouveaux bruits de bouteilles brisées me fendent le cœur. Et puis d’un coup c’est le silence. Silence impressionnant après tout ce chaos. Après quelques minutes de vide mon docteur fait son retour. J’éclate de rire en voyant ses lunettes cassées et de travers, son oreille à demi arrachée et son œil couleur aubergine. Son espèce de veste d’hôpital blanche est déchirée. Il ressemble à un judoka amateur venant de lutter contre un champion du monde. Son assistante est à moitié désapée couverte de taches de vin. Le troisième quidam qui les accompagne est lui impeccable. Costard cravate, propre sur lui et pas content du tout. Non, pas content ! Il me sort un laïus comme quoi je peux faire mon baluchon. C’est le directeur. Je proteste arguant du fait que je n’ai pas bougé de mon lit, mais il m’explique qu’il ne peut tolérer de tels agissements, et qu’ils vont m’expédier ailleurs. Je lui dis tout le mal que je pense de son hosto en m’habillant sous leurs regards hostiles. En longeant le long couloir, je croise une multitude de bras en écharpe, yeux au beurre noir, dents cassées et autres pansements divers. Spectacle courant dans un hôpital, je vous le concède, mais pas en cardiologie !
Quelques semaines plus tard, je retrouve Michel au bar pour l’engueuler : « Avec vos conneries, j’ai finit dans le privé, moi un mec de gauche ! » Il rigole pour m’expliquer que quand même, « 28 hospitalisations et 7 arrestations, ça c’est de la visite ! »

10 commentaires:

Profette a dit…

Coucou, toi !
J'ai enfin à nouveau le temps... de bien rire à la lecture des facéties de Martin.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu ces aventures et j'ai trouvé plein de pépites dans cet article notamment les fausses interruptions, la mini crise cardiaque du docteur, et surtout, le merveilleux "Momo la vinasse" qui m'a fait éclater de rire. Bref, du grand Martin, du grand Louis quoi.
Big bisous à toi. :-))

Papa de Lili a dit…

C'est énorme cette visite! Ce prochain printemps je dois aller me faire opérer de la cataracte! Martin et tout ses potes pourraient peut-être venir me faire une petite visite? Histoire de rigoler un brin...
Amitiés.

Louis a dit…

Hou là les fidèles sont là et chacun tiens son rôle : A Profette celui du bon prof qui explique tout et A Alain celui du malade!!! Pas de bol.
BBK est en vacances ?
Adèle a dû se marier etc...

Jef a dit…

Il fallait y penser. Chapeau.

Louis a dit…

merde, j'ai oublié Jef !!! Et Hervé, où qu'il est Hervé ? Et PLP ?

francis a dit…

Plp n'est pas loin ;-)
Beau bordel que vous avez foutu dans cet hosto, mais que c'est marrant.

Papa de Lili a dit…

Bon Noël pour toi, Martin et tous ses potes! Amitiés.

BBK.mel a dit…

BBK est en vacances mais revient pour s'inquiéter : quoi ! mon Martin est à l'hôpital ? Et personne ne me prévient ?!!

phyll a dit…

super cette visite !!! j'me suis bien marré !!!

Louis a dit…

Merde, Phyll, tu viens lire ces vieux trucs ? J'avais le feu sacré à 'époque, mais un séjour au Havre a brisé net mon élan !!!