samedi 17 mai 2008

Lisez (vas-y Profette !) la 43ème aventure de Martin

  • Cette semaine, c'est Alain qui imagine une petite visite "chez Roger". Découvrez le merveilleux site d'Alain le routier
  • A vos claviers. Qui veut rejoindre le bar "Chez Roger" J'attends vos écris
  • Y'a un type sur la toile qui peint des trucs extras.
  • On dirait chez Roger, en mieux, il m'autorise à afficher une de ses oeuvres, cela s'apelle "fin de soirée" et c'est tout à fait cela. Bon, sur le tableau on ne voit pas le beau Martin, faut pas déconner non plus!!!
  • mais allez voir son expo, c'est superbe :
http://daniel.grardel.free.fr/

43. Un rugbyman.

Trônant comme une reine sur son tabouret de bar, elle capte tout les regards. Lucia, la belle Argentine règne ce soir sur tous les males du bistrot, et dés mon entrée, je deviens moi aussi, un de ses vassaux. C’est une amie de Michel que j’avais croisée en quelques trop rares occasions. Elle me fascinait malgré la froideur que je lui prêtait. Là pour le coup, il n’ était plus question de froideur, et je la découvre riante entourée de sa cour. Michel bien sur, ce con de Lucien, mais aussi Joël, Fred et Arobase. Ah, elle est bien accompagné, c’est sûr !
Michel d’ailleurs hurle en me voyant, un « Martin, tu tombes bien. » d’un niveau sonore tel, que je comprends qu’il ne bois pas du thé depuis des heures. Je rentre discrètement mon ventre pour venir saluer la belle, et en posant délicatement mes lèvres sur sa peau, je sens son parfum enivrant. Je n’arrive pas à décrocher mon regard de ses grands yeux magiques et elle a un sourire moqueur.
- Excuse moi, mais je te trouve trop belle.
Voilà, c’était peut-être trop direct, mais c’était dit. Elle sourit en haussant les épaules tandis que les autres rient aux éclats. Lucien y va même d’un imprudent, « qu’il est con ce Martin » qui lui aurait valu une bonne beigne en d’autres circonstances, mais ce soir, sous le charme de la belle, je pouvais tout entendre. J'ai attaqué mon numéro de charme en même temps que les tournées, tout en faisant attention de ne pas trop boire tout de même. Michel a tout de suite compris mon manège puisque je l ‘ai vu me sourire d’un air qui signifiait : « N’y pense même pas, tu vas te casser les dents »
Malgré tout j’ai fait le joli cœur toute la soirée, mais la belle est restée insensible à mon charme légendaire. Pourtant elle faisait honneur aux alcools de l’ami Roger, qui lui aussi papillonnait pas mal autour de Lucia. Sur le coup des 2 heures du mat, alors que Lucien commençait à dangereusement piquer du nez sur son tabouret, et qu’Arobase et Joël ricanaient sans raison, Paulo a fait son entrée accompagné d’une montagne de muscle impressionnante. Paulo est un mec plutôt sympa qui rode dans le milieu du rugby, et qui se trimballe toujours avec ce genre de type. D’où notre respect, (on est pas suicidaires non plus !)
Bon, à ce stade de mon histoire, je voudrais faire un aparté pour tous ceux qui me lisent régulièrement. Oui, je sais ce que vous vous dites : « Le bar, l’alcool, une belle femme, et un gros rival, c’est écrit, on va à la brasse général avec démontage du bar c’est plié. Pas la peine de lire la fin » Pauvres mécréants, vous me faites de la peine, j’ai l’impression d’entendre parler ma blonde. Vous sous-estimez Martin dans sa quête d’amour. Ce soir, il a peu bu, et quand le gros sportif embrasse Lucia, il ne bronche pas, non monsieur ! Il ne bronche pas Un nouveau Martin est né !

Bon, t’as finit là ? Je peux continuer ?
C’est vrai que le gros embrasse la belle et que je reste zen. Il l’embrasse même longtemps je trouve. C’est son mec en fait et ils partent en riant. Tout le monde me regarde, mais j’ai décidé d’être un grand et gentil garçon, alors j’attaque les bières à grande vitesse. Roger est tellement soulagé de ma nouvelle orientation qu’il paye pas mal de verres. Lucien ne supporte pas l’accélération et tombe comme dab, ce qui détend bien l’atmosphère. J’ai quand même glissé la belle Argentine dans un coin de mon crane, et son vilain gorille aussi.
J’ai bataillé des mois pour arriver à la voir seule, j’ai sorti le grand jeu pour la séduire et depuis nous vivons une « passion dévorante » comme diraient les journaux si j’étais président.
Son gros ? Ben c’est trop bête, figurez-vous qu’il est mort victime d’une voiture qui ne s’est même pas arrêtée. Quelle époque tout de même !
Au fait, vous le saviez vous comme Michel était doué en carrosserie.

Z'invités N° 9 Transaction non officielle par Alain!

Chargés chacun de vingt-cinq tonnes de cartons de bouteilles de Cognac V.S.O.P.
destiné aux gosiers grenoblois, mon bahut et celui de Teigneux bouffent le bitume entre la ville de François 1er et Lyon!
Je n'aime pas trop faire la route avec Le Teigneux. Ce petit type au visage en lame de couteau, brun de poil et de peau, aussi épais qu'une tranche de saucisson dans un sandwich de station-service, est un râleur impénitent toujours fauché de surcroît! Il a tapé tous les chauffeurs de la boite. Le pire c'est que ce nabot trimbale toujours dans sa cabine des nanas du genre canon!
C'est le cas aujourd'hui, il offre son hospitalité à une brune aux reliefs développés à tous les endroits ou ça compte, disons: du point de vue masculin. Son cerveau seul semble avoir échappé à cette pléthore. Là, pas de surplus. Il y a encore de la place autour! Ca ne gène pas cet intellectuel qu'est Le Teigneux.
Compte tenu de la valeur du chargement et de l'intérêt que certains manifestent pour le gas-oil de nos réservoirs, le Patron nous a demandé de rester en convoi. A Clermont-Ferrand je remarque: une camionnette grise genre Estafette. Pourquoi cet engin banal a attiré mon regard je n'en sais rien... Je constate c'est tout!
Sur l'autoroute, dans la côte de Thiers, je repère l'Estafette grise dans mon rétro. Bizarre! Puis plus rien jusqu'à Saint-Étienne ou je l'aperçois de nouveau! Je ne sais que penser. Des Estafettes grises il doit y en avoir des dizaines. Coïncidence?
A Lyon nous devrons nous reposer, règlement routier oblige. Je n'ai pas envie de passer mes quelques heures de repos l'œil et l'oreille aux aguets! Je décide de faire appel à un ami pour m'aider! De Pierre-Bénite, un coup de portable à Martin. C'est, pour moi, un copain solide.
« Viens chez Roger, vous garerez sur le square devant son bistrot! » « Hé! mon pote je ne suis allé chez ton collègue qu'avec toi, en passant par les traboules... Je peux pas ''trabouler'' avec un camion de quarante tonnes... » « O.K! O.K! Je viens te chercher. » Serviable le Martin, je savais pouvoir compter sur lui!
Après avoir parcouru quelques rues ou il ne fut pas toujours facile de circuler nous finissons sur la petite place ou niche le troquet de Roger. Nous entrons Martin en tête. A son poste de travail Roger essuie les verres d'un geste machinal. Les soiffards habituels, affalés sur le comptoir, nous jettent à peine un regard. Au fond du bar des amoureux se font du lèche vitrine.
L'entrée du Teigneux et de sa nana bouscule les choses. Du groupe des boit-sans-soif s'élève un sifflement modulé qui se veux admiratif. L'effet sur Roger est brutal! Immobile, tétanisé, les yeux exorbités, il fixe la brune comme Guignol guette le Gendarme!
Je connais les bonnes manières: « Salut Roger! Tournée générale... Hé! Bouges-toi... » Le pote à Martin se décide à œuvrer. Puis Martin remet la sienne . Roger réitère. Un des soiffards se dirige vers le flipper suivi par la fille dont le neurone est sensible au ''ding ding'' de l'appareil « Mets une tournée pour moi, me dit Le Teigneux, je suis un peu fauché... »
Il sourit, fait un clin d'œil en montrant Roger qui couve la brune du regard, ajoute: « Je vais pas tarder à me remplumer! » Il s'approche du patron: « Elle t'intéresse la fille, pas vrai? » Un temps: « Je peux te la laisser! Si! Si!...Pour mille euros... » Roger a un sursaut, il semble choqué par la proposition: « Ca va pas? Tu la vends? Mille euros! » Silence puis: « Au mieux cinq cent...pas plus! » Martin et moi, d'abord surpris, éclatons de rire. « Cinq cent? Tu plaisantes? Sept cent cinquante.... » « Six cent cinquante! » « Sept cent! » Chez Roger combat cornélien entre concupiscence et avarice... « D'accord, sept cent? Tope... »
Le Teigneux appelle la nana: « Crevette! Va chercher tes affaires au camion. » Montrant Roger: « Tu restes avec Monsieur... » La fille toise le maître du bar, hausse les épaules, se dirige vers la porte en écrivant, (comme le disait si bien ce lyonnais de Frédéric Dard) 8888 avec ses fesses. Arrivée là, elle se retourne et annonce paisiblement: « Y a du char les gars! »
D'un bond La Teigne, Martin et moi sommes dehors! Dehors ou sept mecs, sortis d'une estafette grise, affichent des visages aussi sympas que ceux des hyènes de ''Roger Rabitt'' à part qu'ils rigolent pas.
Six d'entre eux essaient de vider une partie de la cargaison du Teigneux, le septième siphonne mon réservoir! Nous leur tombons dessus aidés par les boit-sans-soif heureux de pouvoir cogner librement pour la bonne cause. Mêlée générale. Martin est à son affaire! Vol libre de pieds et de poings! Il y a des cris, des jurons, des gémissements. On entend le bruit mat des coups sur la chair qui éclate, les craquements des os qui se brisent...
Après cinq minutes de baston bruyante une fenêtre s'ouvre à un étage et une voix hurle: « C'est pas fini... on voudrait dormir ici! » Le calme revient. Nous chargeons cinq malfrats ensanglantés dans le fond de l'Estafette. Des deux qui restent debout, un seul a encore un œil ouvert. Martin le colle au volant: « File! ». La camionnette, sans vitres, sans pare-brise ni phares, bosselée, se met à rouler de guingois sur des pneus qui font ''flouc-croupt'' à chaque tours!
En riant nous regagnons le bar! Je clame: « Roger! tournée générale... »
Pendant que nous buvons je remarque des euros qui changent de main. Je m'adresse à Martin: « On ne devrais peut-être pas laisser faire ça? » Mon pote a un sourire: « T'inquiètes pas pour Roger. Il a le sens des affaires... Saura refourguer la brune avec bénéfice... » Il englouti la moitié de sa bière en une lampée et ajoute: « Sois sur d'une chose, il ne paiera pas la TVA! ».

Clip Cron Bneu


J'laisse couler l'eau
Vidéo envoyée par louisdelyon