lundi 25 août 2008

1.Un nouveau bar


Finalement, l’incendie du bar, n’a pas été un mal pour nous, lorsqu’on y pense. Roger commençait à sérieusement nous gonfler avec ses amis commerçants, ses amours d’adolescent attardé et sa radinerie légendaire sur la région lyonnaise. Un peu de recul, nous fera le plus grand bien. Comme pour un vieux couple en somme. Le plus pénible a été de retrouver un lieu chaleureux voulant bien nous accueillir malgré une réputation aussi sulfureuse qu’injustifiée. Comme le dit si bien Michel : « On n’est pas des monstres, tout de même ! »

On aurait pût aussi arrêter de boire, mais cela aurait été une marque de faiblesse.
Il nous a fallut faire pas mal de tests avant de trouver un nouveau nid douillet, et je vous épargne les tests. Votre foie ne supporterait pas. Pas facile de trouver sa place et finalement après des jours d’errance géographique, nous sommes revenu chez Riton le plus proche voisin de Roger. Provisoirement bien sûr comme le patron s’est empressé de nous le faire comprendre.
- Vous, les artistes, je ne vous tolère chez moi que si vous restez tranquille. La dernière fois qu’il est venu ici l’autre zouave, dit-il en pointant son gros doigt sur moi, j’ai dû refaire toute la déco.
Michel a une moue écœurée. « M’est avis que cela n’a pas été une réussite et qu’il va falloir tout refaire »
Je m’empresse de payer une tournée en expliquant à Riton que mon ami plaisante.
- Ouais, ben vos blagues à deux balles, va falloir les garder pour vous, on est pas chez Ruquier ici.
Ambiance ! ! !
Avec la clientèle aussi on a du mal. C’est pas gagné. Surtout avec Fred le petit « caïd » du coin. Un ancien rugbyman à l’humour ravageur et au coup de poing facile. Il nous accueille rigolard en chantant « ce soir on vous met le feu » C’est plutôt gentil et on va lui serrer la pogne en l’arrosant lui et ses potes, mais il se fait grave pour expliquer qu’ils vont nous faire une place dans leur bouib, « par souci humanitaire » mais qu’il faudra savoir se faire discret. Il me fixe longuement et je hoche la tête pour lui signifier que j’ai reçu le message 5 sur 5.
Après quelques semaines de cohabitation anxieuse, nous avons doucement trouvé nos marques et la vie a repris son cours. Avec Michel, nous bénéficions toujours d’une aura de sympathie auprès des femmes, suite à l’incendie et c’est drôlement agréable. Ce soir, je vais conclure des heures de flirts oculaires avec une jolie brunette par le baiser fougueux qui s’impose, lorsque une bande de nazes inconnue au bataillon, fait une entrée bruyante et agressive.

- Où qu’y sont les héros du feu ?

Avec Michel nous comprenons tout de suite d’où vient l’attaque, puisque ce con a emballé la femme du patron du phénix, un bar de Gerland, la semaine dernière. Toujours au top, mon ami. Prudemment, nous glissons de nos tabourets pour nous caler solidement au sol. Nous nous préparons à l’affrontement puisque tel est notre destin, quand Fred intervient pour calmer tout le monde. Il fait autorité le monstre et nous nous retrouvons à une dizaine alignés au bar comme dans un vieux western. Pendant quelques minutes c’est le calme, mais c’est sans compter sur Lucien et sa connerie légendaire. Son « Michel, c’est lequel le cocu ? » tonitruant, sonne comme un coup de tonnerre monstrueux dans un bar tétanisé par la situation. Et là, les promesses et les menaces sont balayées en un éclair. Cela part dans tous les sens, et avant de prendre une chaise sur la tête et de m’évanouir, j’ai le temps de comprendre à la gueule du patron qu’il va nous falloir partir à la recherche d’un nouveau port d’attache.

2 commentaires:

Joker a dit…

Juste un coucou monsieur !
Andy, milène et compagnie ! :)
http://clic-clac-kodak.blogspot.com/

Louis a dit…

Au secours, y'a des mineures qui me causent !!!